Le refuge « La Esperanza » est situé à 75 km de la ville de Puerto Madryn.
Sa superficie de 6700 hectares inclut 12 km le long de la côte du Golfe San Matias. Cette surface est destinée à la conservation de la biodiversité, et se trouve dans la zone tampon de l’Aire Naturel Protégé de la Péninsule de Valdés, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO comme patrimoine naturel de l’humanité.
En 2003 a été déclaré Refuge faunique conformément à la loi provinciale n° 3257 et au décret réglementaire n° 868/90 de la Direction de la flore et de la faune de la province de Chubut.
La Fondation Patagonia Natural (FPN) s’occupe de la gestion de ces terres, avec l’objectif de conserver une aire représentative de la Steppe Patagonienne Côtière. Elle met en œuvre des programmes de recherche sur les écosystèmes et sur la biodiversité, des programmes de conservation de l’environnement et des espèces qui y vivent, et des activités de formation, soutenues par le « Programme d’introduction à la conservation ».
Steppe, culture et océan
Végétation
Le refuge compte une multitude de végétaux, dont principalement la steppe arbustive, où sont communs les buissons de créosote et les caroubiers, et une steppe arbustive et herbacée, avec différentes espèces de coirones et d’arbustes, dont beaucoup sont endémiques à la région.
Les plantes de la steppe patagonienne, de même que toutes les plantes de la zone aride, ont développé des systèmes d’adaptation grâce à leurs feuilles et leurs racines qui leur permettent de survivre dans des conditions de faible en humidité, mais de forte évaporation, de forts vents et de températures extrêmes.
Faune
Un total de 81 espèces d’animaux différents a été relevé à La Esperanza, 5 espèces d’oiseaux de rivage et 17 espèces marines. Un grand nombre d’espèces d’oiseaux terrestres ont été aperçus en train de nicher ou d’adopter un comportement reproducteur.
Ont aussi été observées 23 espèces de mammifères terrestres natifs et au moins 2 espèces de mammifères exotiques. Les études réalisées au refuge permettent de voir une augmentation de la population des guanacos (Lamas) depuis les années 2000 jusqu’à aujourd’hui, où l’on observe environ 700 individus. Au sein du refuge, la présence de pumas (pumas concolor) était pratiquement continue entre les années 2000 et août 2004. Depuis cette date, et jusqu’à juin 2008, aucun signe de présence n’a été détecté, comme des excréments ou des empreintes.
A partir de juin 2008, des traces d’activités des pumas ont à nouveau été trouvées à la Esperanza. 6 espèces de mammifères marins ont également été aperçues. Sur la côte se trouve une colonie d’otaries d’Amérique du Sud (Otaria flavescens) avec des individus juvéniles et non reproducteurs ayant peu de descendants. Sur les côtes du refuge, il y a des récifs rocheux sur lesquels vit une diversité importante d’organismes tels que des poissons, des algues et autres invertébrés.
Géologie et fossiles
Le refuge se situe au sein d’un vaste ensemble de paysages composé de pentes douces, de terrasses et de dépressions. La côte présente une plage de galets de 12 km de large.
La plage est composée d’une pente abrupte comprenant des sédiments de type graviers accumulés par l’action de la mer. Depuis la plage on peut observer la formation des terrasses marines.
La majorité des fossiles que l’on peut trouver à la Esperanza appartient à ce que l’on appelle « la formation Puerto Madryn», avec des sédiments de couleurs jaune et ocre, une teneur en sable importante et de fréquents bancs d’huîtres (Ostrea parasitica et Ostrea maxima) et d’autres invertébrés généralement bien conservés.
Histoire et culture
Le refuge se situe dans la zone de distribution des Tehuelche du Nord, habitants originaires de ce territoire. La région abrite des sites archéologiques d’intérêt liés aux pentes côtières, situés pour la plupart sur des terrasses marines offrant un accès facile à la mer.
Les études réalisées indiquent que la zone aurait été à plusieurs reprises utilisée au cours des 2200 dernières années par ces habitants.
La plupart du registre archéologique aurait été formé par plusieurs occupations successives en relation avec la récolte de mollusques, et occasionnellement de poissons et la chasse aux guanacos et aux nandous. On présume également quelques occupations très brèves, et d’autres un peu plus prolongées, dans campements temporaires, et seulement un seul site qui semble avoir servi de base résidentielle. Dans certains établissements plus récents, on fabriquait des récipients en céramique de forme globulaire et à parois lisses, à partir d’argiles locales.
A partir du XXe siècle, l’élevage ovin extensif a commencé à se développer dans la région, comme dans le reste de la Patagonie, jusqu’à ce que la zone soit définie comme refuge faunique, moment auquel il a été décidé de retirer le bétail, de fermer la zone et de la placer sous un régime de rétablissement.
